Une isoglosse (grec : « langue identique ») est une ligne imaginaire séparant deux zones géographiques qui se distinguent par un trait linguistique (dialectal) particulier. Celui-ci peut être de nature lexicale, sémantique, phonologique, phonétique ou morphosyntaxique. Autrement dit, une isoglosse délimite l'aire géographique d'un trait dialectal. La notion d'isoglosse est un outil important de la dialectologie et de la géographie linguistique. Quand plusieurs isoglosses se recouvrent, on parle d'un « faisceau d'isoglosses », comme pour l'Ariège ci-dessous. L’importance d’une isoglosse dépend essentiellement de la fréquence du trait qu’elle marque : plus un trait différentiel est fréquent et plus l’isoglosse correspondante sera importante dans la classification dialectale. Les ensembles dialectaux sont souvent séparés par un faisceau important d'isoglosses, l'une étant généralement considérée comme emblématique. C'est ainsi par exemple le cas de la ligne de Benrath (séparant les parlers bas-allemands et haut-allemands, le trait emblématique de ce faisceau étant la seconde mutation consonantique » : maken vs machen), de la ligne Joret (séparant les parlers normano-picards du nord et du sud : quien / chien), de la ligne Massa-Senigallia ou ligne Carrare-Senigallia ou encore ligne La Spezia-Rimini (séparant les parlers de l'italien septentrional des parlers italiens centro-méridionaux, dont le trait emblématique est la marque du pluriel des substantifs : forme en -s au nord le plus souvent mais abandonnée dans de nombreux dialectes modernes sur le modèle de l'italien standard, alternance vocalique au sud). thumb|300px La carte ci-contre rassemble 11 isoglosses différentes de l'espace gascon. Chaque définition donnée dans le tableau ci-dessous correspond à une innovation linguistique ayant affecté les variétés parlées au sud de la ligne. Les dialectes germaniques de France sont caractérisés par une distribution différenciée de diverses isoglosses liées à la seconde mutation consonantique: lignes de Bad Hönningen, de Saint-Goar, de Speyer.