L'alternance consonantique désigne les modifications que subissent les consonnes dans certaines langues suivant les formes qui les suivent (ou les précèdent) Les consonnes en finnois connaissent deux degrés de consonantisme suivant que la syllabe débutée par la consonne est ouverte (terminée par une voyelle) ou fermée (terminée par une consonne). La fermeture de la syllabe affaiblit certaines consonnes ou groupes de consonnes. Une des exceptions à cette règle concerne la plupart des nominaux dont le nominatif singulier se termine par -e : ils se terminent par un coup de glotte, vestige d'une ancienne terminaison en "-ek", qui se traduit, lorsque le mot est suivi par une consonne, par l’allongement de cette consonne dans la prononciation. En conséquence, le nominatif singulier de ces mots contient le degré faible. Leur partitif singulier se termine par -tta/-ttä, le premier t provenant du coup de glotte. Dans leur thème vocalique, le coup de glotte disparaît, le thème vocalique contient le degré fort suivi d’un e long. Par exemple, sade ("la pluie") donne sadetta au partitif singulier et sateen au génitif singulier. Les noms propres et mots d’emprunt récents terminés par -e, ainsi qu’un petit nombre d’autres mots incluant kolme, itse, nukke et nalle, se déclinent comme les mots terminés par -o, -ö, -u ou -y. L’alternance consonantique ne concerne que les occlusives k, p et t. Les changements peuvent être quantitatifs ou qualitatifs. Les paires degré fort/degré faible sont similaires pour les nominaux et pour les verbes, mais un petit nombre de changements n’existent que pour les nominaux, ou au contraire que pour les verbes. L’alternance peut être directe ou inverse. Dans le premier cas, le degré fort se trouve dans la forme de base du mot, c’est-à-dire au nominatif singulier ou à l’infinitif. Ce type de gradation concerne les nominaux terminés par une voyelle, à l’exception de la plupart de ceux terminés par -e, et les verbes dont l’infinitif se termine par deux voyelles (tietää, lukea).