Élagabal (en araméen : ʾLHʾ GBL / ʾilāhâ gabal, signifiant le « dieu-Montagne » ; en Ἐλαγάβαλος / Elagábalos ; en Elagabalus) est le nom donné à un dieu solaire dont le culte est attesté dans l'Antiquité à partir du règne d'Antonin le Pieux (138-161) par la monnaie frappée à Émèse (Homs, en Syrie), alors annexée à la province romaine de Syrie. Le nom araméen d'Élagabal est attesté par une stèle dite venir « de la région de Qaryatên, l'antique Nazala » (en Émésène). D'après Jean Starcky, ce nom, ʾLHʾ GBL (gravé sur la stèle en lettres de type palmyrénien sans espace) signifie « dieu-Montagne » (et non « dieu de la Montagne » qui se serait écrit ʾLH GBL « avec l'état construit ʾilāh »). Selon Jean Starcky, la graphie de ce nom « exclut une lecture purement arabe, comme Ilah-hag-gabal postulé par F. Altheim. » Élagabal aurait donc été un « dieu solaire » mais « aussi un dieu-montagne, catégorie divine caractéristique de l'Anatolie orientale, et c'est aux confins de cette région montagneuse et des steppes syriennes que les ancêtres des princes d'Émèse auront d'abord vénéré leur dieu-montagne. » thumb|Monnaie de Macrin (217-218) frappée en la cité d'Émèse. D'après Carlos Chad, le culte du soleil à Émèse « doit être bien antérieur » aux premières représentations de la pierre noire d'Émèse, que Carlos Chad a expliqué être un bétyle de celui-ci, sur la monnaie frappée à Émèse sous le règne d'Antonin le Pieux (138-161). Carlos Chad a fait remarquer que « sur le monnayage de Marc-Aurèle, c'est le bétyle qui est représenté » et non pas un temple — le « temple lui-même n'apparaît que dans les monnaies éméséniennes de Julia Domna et de Caracalla » ; partant de cet indice, il a émis l'hypothèse d'une construction tardive, « c'est-à-dire sous les Sévères », du temple décrit par Hérodien comme ayant contenu la pierre à Émèse au temps de l'exercice par Héliogabale et par le cousin de celui-ci de la prêtrise du culte du soleil. D'après Carlos Chad, thumb|upright=2|Aureus d'Héliogabale frappé à Antioche (entre 218 et 219), au revers duquel figure la pierre noire d'Émèse sur un char en procession vers Rome.