Un cadi (arabe: قاضي [qāḍī], « juge ») est un juge musulman remplissant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses. Le cadi est un juge de paix et un notaire, réglant des problèmes de la vie quotidienne : mariages, divorces, répudiations, successions, héritages, etc. Le mot « cadi » vient d'un verbe signifiant « juger », « décider ». Il est issu de l'arabe, en particulier du mot القضاء qui veut dire jugement Le cadi est un personnage essentiel dans les sociétés musulmanes. Selon Al-Mâwardi, le cadi doit : « trancher les disputes, faire valoir les responsabilités, les droits des incapables ou des orphelins, administrer les fondations pieuses (Waqfs), donner effet aux dispositions testamentaires, infliger les peines fixées, protéger sa circonscription contre les violations des règlements et contre les troubles, tenir la justice égal pour les faibles et les forts, les grands et les petits. » Au , le juriste hanafite al-Jaṣṣāṣ définissait le rôle du cadi de la manière suivante : « Le cadi remplace l’ensemble de la population [dans sa mission] de rendre à chacun ce à quoi il a droit ». Bien des siècles plus tard, Ibn Khaldoun affirma dans son ouvrage Al-Muqaddima : « La fonction de cadi est une de celles qui dépendent du calife. C'est une institution dont l'objet est de juger les conflits et de mettre fin aux querelles et aux dissensions. Elle doit appliquer les lois religieuses définies par le Coran et la Sunna. c'est donc un office rattaché au califat et qui dépend de lui. ». L'origine de la fonction de cadi est mal connue. L'historiographie musulmane traditionnelle est ambiguë sur ce point : selon les uns, des cadis auraient été nommés dès l'époque du califat de Médine (califes dits "Rāshidūn") ; selon d'autres, le poste de cadi aurait été une création omeyyade. Sous la dynastie des Omeyyades (661-750), les cadis étaient généralement nommés par les gouverneurs de provinces. À quelques exceptions près, le calife omeyyade n'intervenait pas dans leur désignation. Joseph Schacht considère ainsi le cadi comme le "secrétaire judiciaire" du gouverneur.