Le solidarisme est une philosophie politique défendue par le député français radical Léon Bourgeois, qui développe ce courant de pensée en 1896 dans son ouvrage Solidarité. La philosophie de la solidarité selon Bourgeois peut favoriser la construction « d'une République de la main tendue contre le poing fermé, de la mutualité règle suprême de la vie commune contre la charité réduite à une pitié agissante ». C'est au nom de la solidarité qu'il défendra le principe de l'impôt sur les successions, de l'impôt sur le revenu et la mise en place d'une retraite pour les travailleurs. Le solidarisme va irriguer tout le car il imprègne les réalisations pratiques de la République et réapparaît avec le programme du Conseil national de la Résistance à la Libération même si désormais son substrat politique lié au parti radical s'est effacé. Le système français de redistribution par l'impôt provient du programme solidariste, notamment l'impôt sur le revenu (mis en place en 1914 en France) ainsi que la protection sociale, déjà proposés par Léon Bourgeois. Les bases théoriques de cette nouvelle doctrine politique sont la théorie de la « dette sociale » et du « quasi-contrat ». Ainsi, tout être se trouve être redevable vis-à-vis de ceux qui l'ont ouvert à l'existence (parents, professeurs, la société et tous les groupes concernés). Chaque homme doit donc « payer sa dette » et la solidarité devient un droit, elle est aussi un devoir auquel l'État doit obliger légalement chacun à contribuer. Pour ce faire, Léon Bourgeois propose la mise en place d'un salaire minimum, d'un système d'assurances protecteur (en cas d'accident, de maladie ou de chômage), de l'impôt sur le revenu (pour participer à l'entretien des services communs), d'un enseignement entièrement gratuit.