Sirius est l'étoile la plus brillante du ciel nocturne. C'est une étoile double. Dans le ciel terrestre, le Soleil se rapproche de Sirius, jusqu'à entrer en conjonction avec elle début juillet. Autour de cette date, Sirius, étant située nettement au sud de l'écliptique, est invisible à tout observateur de l'hémisphère nord, n'étant au-dessus de l'horizon que pendant la journée. L'observateur retrouve Sirius lorsqu'elle effectue son lever héliaque, c'est-à-dire sa réapparition dans les lueurs de l'aube. La régularité de son apparition a fait que bien des peuples de l'Antiquité l'ont utilisée comme point de repère astronomique. Le plus connu est celui des Égyptiens, mais c'était aussi le cas des Grecs : tous les huit ans, les éphores de Sparte guettaient Sirius (astéroscopie) pour y chercher un « signe » ayant une incidence sur la vie politique ; de même, les gens de l'île de Kéôs devaient chaque année guetter l'apparition de Sirius, en armes, et lui sacrifier ; selon Théophraste, divers végétaux étaient plantés à l'époque du lever héliaque de Sirius. Chez les Iraniens, où l'on adorait l'étoile (c'était le dieu Tištrya), les mages, selon Marcus Manilius, montaient chaque année sur le mont Tauros pour en observer le lever héliaque. Dans le ciel nocturne d'Égypte, l'étoile, appelée Sothis si l'on utilise la forme hellénisée de l'égyptien, est représentée sous la forme d'une petite chienne (canicula en latin) appartenant à la constellation du Grand Chien (canis major en latin). Durant la période prédynastique, ce lever héliaque coïncidait avec le début de la crue du Nil observée à Thèbes vers le , donc au solstice d'été dans l'hémisphère nord. La réapparition simultanée de l'étoile la plus brillante et de l'eau avait une signification hautement symbolique. C'est également la période la plus chaude de l'année, d'où le nom de « canicule » (dérivé de canicula) donné par les Romains, et que nous utilisons pour définir une période de grande chaleur.
Alfred Johny Wüest, Martin Schmid