Le néfopam est un antalgique non opioïde, utilisé pour le traitement des douleurs d'intensité modérée à sévère, essentiellement en milieu hospitalier. Il est commercialisé sous le nom d'Acupan. Le néfopam est un analgésique non morphinique, d'action centrale. Il fait partie de la classe des benzoxazocines. Sa structure chimique s’apparente à celle de la diphénhydramine (un antihistaminique H1). In vitro, sur des synaptosomes de rat, une inhibition de la recapture des catécholamines et de la sérotonine est évoquée. In vivo, chez l'animal, le néfopam a montré des propriétés antinociceptives. Il a également été démontré une activité antihyperalgésique par un mécanisme qui n'est pas complètement élucidé. L'Acupan n'a aucune action anti-inflammatoire ou antipyrétique. Il n'entraîne pas de dépression respiratoire et ne ralentit pas le transit intestinal. Il possède une activité anticholinergique à l'origine de plusieurs de ses effets indésirables. Sur le plan hémodynamique, il a été observé une augmentation modérée et transitoire de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle. Ce médicament bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché en France depuis 1980. Il n'est pas commercialisé aux États-Unis Selon la fiche de synthèse réalisée en 2014 par la revue indépendante Prescrire, Acupan/Nefopan n'a pas d'efficacité prouvée supérieure à celle d'un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) tel que le flurbiprofène, le diclofénac ou l’aspirine et a des effets indésirables qui peuvent être graves même aux doses recommandées. Le résumé de la fiche Prescrire de ce médicament indique : "Les effets indésirables du néfopam sont mieux connus et établis que son efficacité." Selon l'ANSM, "en raison de ses effets anticholinergiques, le traitement par NEFOPAM MYLAN / est déconseillé chez le sujet âgé." Par ailleurs, la Haute autorité de santé dans sa fiche sur le médicament s'inquiète de son utilisation fréquente par voie orale, ce qui ne correspond pas à l'autorisation de mise sur le marché : "Un mésusage de la spécialité injectable utilisée par voie orale (hors AMM), très fréquent et ayant commencé en 2002 a aussi été signalé.
Andrea Serino, Robert Leeb, Oliver Alan Kannape, Skander Mensi, Sylvain Cardin, Fabien Bourban, Alexis Dorier