vignette|Abris modulaires de poste de commandement de l'armée française. Dans le vocable militaire, une salle d'opérations, également appelée poste de commandement (PC), est constituée dans le but d'assurer la coordination des actions sur le plan stratégique le plus haut de groupes d'armées de taille importante. La manière clausewitzienne de mener les grandes batailles, valable jusqu'au , est dépassée au par l'apparition globalisée de la guerre mondiale. La salle d'opérations devient donc le lieu opérationnel pour les plus hauts gradés de l'État-major en temps de conflit, sur le plan stratégique. Ce lieu peut également trouver place dans un véhicule poste de commandement ou un bateau, sur le plan tactique/opérationnel sur le terrain. L'expression est également déclinée dans le monde de l'entreprise ou en politique. Avant 1916, le commandement interallié n'apparaît pas pour les Alliés. Les Centraux agissent sur des fronts distincts dans la plupart des cas. La logistique, les transports, voire l'intensité de l'effort de guerre sont planifiés par les hauts dirigeants civils et gradés à partir des remontées obtenues dans ces lieux. Le blitz, subit dans une bataille laissant apparaître une infériorité numérique considérable dans le camp anglais, fut tenu grâce à la coordination opérationnelle des terrains d'aviation couplé à l'usage tactique du radar. Sur le front de l'Est, la planification par l'OKW (Oberkommando der Wehrmacht) de l'opération Citadelle et la contre-opération par les généralissimes soviétiques nécessita de telles salles, dans ce qui allait devenir la confrontation la plus importante de blindés sur le plan numérique jamais menée pour l'armée de terre. Le renseignement joua à plein dans l'anticipation des mouvements de l'ennemi sur un saillant qui devenait énorme sur la carte. Les grandes batailles navales des campagnes du Pacifique étaient lancées également dans ces lieux à distance, dont l'existence était rendue possible par les progrès de la télétransmission chiffrée ; la coordination sur des espaces aussi élargis obligeant les stratèges et amiraux à déplacer et mobiliser les groupes aéronavals au bon endroit dans une perspective de recherche de l'engagement.
Thierry Meyer, Francis Stoessel, Charles Ibrahim Guinand