Abraham ibn Dawd Halevi (hébreu : אברהם אבן דאוד הלוי Avraham ibn Dawûd Halevi), dit le Ravad de Tolède, est un rabbin, médecin, historien et philosophe andalou du (Cordoue, 1110 - Tolède, 1180). Abraham ibn Dawd descend par sa mère d'une famille d'érudits et est éduqué par son oncle maternel, qui assure selon ses dires d'importantes charges communautaires à Cordoue. Il reçoit vraisemblablement une éducation andalouse typique, baignée de tradition juive et de culture gréco-musulmane.On le retrouve ensuite à Tolède où il s'est probablement réfugié devant l'avancée des conquérants almohades. Selon une tradition fréquemment répétée, il meurt en martyr. Il pourrait être identique à Ioannes (Jean) Avendehut ou Avendauth, collaborateur de Dominique Gundissalvi pour la traduction de nombreuses œuvres de l'arabe au latin. Contemporain de Maïmonide, Ibn Dawd l'a précédé dans l'intégration de la philosophie aristotélicienne à la tradition juive. Son grand-œuvre, al-Aqida al-Rafi'a (La Foi Puissante), a été traduit en hébreu sous le titre d’HaEmouna HaRama (« la foi exaltée »). Il y encourage ceux qui en doutent à l'étude de la philosophie, vantant les bienfaits qu'elle procure à l'âme et montrant le rapprochement qu'elle permet d'effectuer vis-à-vis de la religion. Le traité, de lecture malaisée, est rapidement supplanté par le Guide des Egarés de Maïmonide. Destiné essentiellement « à l'intention de ceux qui doutent », il s'adresse à un ami auquel l'auteur explique la notion de libre-arbitre, et que rien dans le Judaïsme ne s'oppose à la raison. Le conflit entre foi et raison n'est qu'apparent, puisque les deux sont identiques dans leur essence. Dans son , il commence par expliquer les notions aristotéliciennes de physique, métaphysique et psychologie. Il cite ensuite des versets qui, selon lui, font allusion à ces notions. Dans son deuxième traité, il les utilise pour expliquer certains sujets : l'existence de Dieu, Son Unité, Ses attributs, Ses actions (y compris la Création), la prophétie et l'interprétation allégorique de termes comparant Dieu à Ses créatures (autrement dit, les expressions anthropomorphistes).