Lensilage est une méthode de conservation des fourrages par acidification passant par la fermentation lactique anaérobie d'un fourrage humide. En fonction des différentes techniques utilisées, et de la nature des fourrages, on obtient un produit fini acide dont le pourcentage d'humidité varie de 50 % à 85 % environ. Plus le taux de matière sèche est élevé, plus les conditions d'anaérobiose sont difficiles à atteindre. À contrario, un taux d'humidité élevé entraîne des pertes au désilage et par fuite de jus, source potentielle d'odeurs. vignette|Front de prélèvement d'un silo de maïs, Allemagne, 2009. Cette technique a largement contribué à l'industrialisation de l'agriculture ainsi qu'au développement des élevages intensifs. Elle est devenue depuis la seconde moitié du un élément essentiel des systèmes de polyculture-élevage. Elle est parfois abandonnée lorsqu'il s'agit d'élaborer des produits animaux de haute qualité gustative. Il existe plusieurs voies de stockage et de conservation des fourrages : la voie sèche, soit en foin soit par déshydratation artificielle en usine. La conservation en foin est rendue possible par la dessiccation, soit uniquement sous l'action du soleil (séchage naturel), soit complétée par un séchage en grange utilisant de l'air chaud généralement produit par des brûleurs. Cela conduit à un pourcentage d'humidité du fourrage voisin de 15 % qui assure sa stabilité. Le foin demande un investissement moindre. Il est souvent perçu comme « plus naturel » par les consommateurs de produits animaux, l'ensilage et le maïs-fourrage étant d'utilisation récente et liés à la révolution fourragère, du moins en Occident. Cependant si le foin prend la pluie, la perte peut être importante ; les voies intermédiaires telles que le haylage ou l'enrubannage de grosses balles qui s'est fortement développé récemment pour les plantes prairiales ; la voie humide, dénommée ensilage, qui s'applique à un grand nombre de plantes fourragères pourvu qu'elles soient suffisamment riches en sucres fermentescibles, en particulier aux graminées fourragères, au maïs plante entière, aux grains humides, à la pomme de terre et aussi à des coproduits agro-alimentaires comme les bagasses de canne à sucre, la pulpe de betterave, les drêches de brasserie, la pulpe de pomme de terre, certains écarts de triage de légumes.
Alexandre Buttler, Hervé Cochard, Constant Signarbieux