Le culture jamming, que l'on peut traduire en français par sabotage culturel ou détournement culturel, est l'acte de subvertir le fonctionnement d'un média de masse existant, en usant de la même méthode de communication utilisée par ce média. Cette pratique s'inscrit dans la lignée d'un processus anticonsumériste dont les fondements historiques remontent au tournant des années 1960 concurremment à l'affirmation des mass médias. Il peut prendre la forme d'un militantisme satirique qui s'oppose généralement au mercantilisme et aux . Employant l'ironie et l'humour noir, ces actes peuvent s'apparenter à une « guérilla des communications ». . Souvent, les sabotages culturels visent à rendre visibles certains présupposés (politiques, sociaux) qui sous-tendent la . Différents mouvements activistes l'utilisent pour dénoncer la culture marchande perçue comme hégémonique en tant qu'elle occupe l'ensemble de l'espace communicationnel. Parmi leurs modes d'action : la réappropriation de logos, de slogans publicitaires et des codes d'une marque. D'autres fois, le détournement culturel s'apparente davantage à une pratique créative de l'ordre de la passion amateur (voir les fanfictions), sans porter de revendication politique ou de message protestataire. L'intention de ces pratiques de la ruse diffère de celle de l'appropriation artistique (produire une œuvre destinée le plus souvent au marché de l'art ou récupérée par celui-ci) et du vandalisme (où destruction ou mutilation sont les buts premiers), bien que les résultats obtenus ne soient pas toujours si éloignés. Le sabotage culturel peut prendre des formes très variées : détournement publicitaire, canular médiatique, détournement de nom de domaine, bombardement Google, remix, mashup vidéo, hacking, slashing, piratages radios et télévisés, contre-surveillance vidéo. L'origine du terme anglais (1984) ne présuppose nullement que ce phénomène soit apparu en même temps : le « sabotage culturel » est une pratique bien antérieure et non limitée aux seuls États-Unis.