vignette|redresse=1.2|Sandro Botticelli : Viatique de saint Jérôme, v. 1495. La transsubstantiation (en transsubstantiatio, en μετουσίωσις / metousiosis) est un phénomène surnaturel, qui littéralement est la conversion d'une substance en une autre. Le terme désigne, pour une partie des chrétiens (en particulier les catholiques et les orthodoxes), la conversion du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l'Eucharistie par l'opération du Saint Esprit. Le terme, qui est attesté pour la première fois chez Étienne de Baugé au début du , est défini comme concept du dogme par le quatrième concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545-1563). Sur le plan religieux, l'Église catholique (dont les maronites et les arméniens catholiques) emploie le terme de « transsubstantiation » pour expliquer que, dans l'Eucharistie, le pain et le vin, par la consécration de la messe, sont « réellement, vraiment et substantiellement » transformés ou convertis en corps et sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques physiques ou « espèces » (texture, goût, odeur : les apparences) initiales. La conséquence en est la « présence réelle » du Christ dans les espèces consacrées. Les concepts de « substance » et d'« espèce » s'inscrivent dans la distinction aristotélicienne entre essence et accident. La substance est ce qui existe par soi-même (ipsum esse subsistens), et l’accident est ce qui change, ce qui n’existe qu’en un autre. Ainsi, la forme d'un chapeau n'est pas le chapeau lui-même, pas plus que sa couleur, sa taille, sa texture ni aucune autre propriété sensible. C'est le chapeau lui-même (sa « substance ») qui possède une forme, une couleur, une taille, une texture tout en étant distinct de ces propriétés. Contrairement à ces apparences ou « accidents », la substance ne peut être perçue par les sens. La substance est l'une des dix catégories de l'être définies par Aristote dans les Catégories. vignette|Le « Ceci est mon corps » pendant la Cène, par Andreas Meinrad (1751).