Le papiamento, ou papiamentu, est une langue créole des Antilles néerlandaises. Il est parlé à Aruba, Bonaire et Curaçao avec des variantes locales. Il s'agit d'une langue tonale. Il est considéré comme un créole portugais, avec un lexique qui vient à plus de 80 % du portugais et de l'espagnol. Il est proche des créoles du Cap-Vert et de Guinée-Bissau. En revanche, il n'est pas du tout un créole néerlandais, même si les îles où cette langue est parlée dépendent des Pays-Bas. Le mot papiamento vient du verbe papia, qui signifie parler, et -mento, suffixe indiquant la formation d'un substantif en papiamento. Le papiamento étant une langue orale, l'orthographe fluctue selon les îles. Par exemple : papiamento, à Aruba et papiamentu, à Curaçao et Bonaire. Un final indique généralement en portugais. Le mot papia, de même étymologie que « pépier » et « papoter », signifie également parler en créole cap-verdien, à base portugaise, parlé au Cap-Vert et en créole Bissau-guinéen parlé en Guinée Bissau. Selon l'auteur Frank Martinus Arion, le papiamento est issu d'un dialecte appelé le « guene », un pidgin portugais employé par les esclaves africains. La présence d'une population judéo-portugaise significative dans les colonies néerlandaises, immigrée du Pernambouc, au Brésil, a aidé à développer la langue. Environ 60 % du lexique de la langue vient du portugais, 25 % de l'espagnol, et le reste du néerlandais, du français, de l'anglais et de langues africaines. Le papiamento trouve ses racines dans un grand nombre de langues, notamment : de langues romanes : espagnol, portugais, français ; de langues germaniques : anglais, néerlandais ; de langues africaines ; de la langue des Arawaks (les Arawaks Caiquetios étaient les habitants des îles à l'arrivée des Européens). La langue est aussi présente au Suriname, ancienne colonie néerlandaise, pays frontalier du Brésil, mais en un nombre très restreint de locuteurs.vignette|Aéroport international Reine-Béatrix, à Oranjestad (Aruba).