vignette|Femme souffrant de paralysie générale, avec troubles oculomoteurs. Photo prise vers 1869, au West Riding Lunatic Asylum devenu Stanley Royd Hospital de Wakefield, Angleterre. La neurosyphilis est l'ensemble clinique résultant d'une infection du système nerveux central par Treponema pallidum, l'agent de la syphilis. Classiquement, les deux manifestations historiques principales, survenant tardivement, étaient : la paralysie générale, qui réalise un tableau clinique de méningo-encéphalite lentement progressive évoluant vers la démence. le tabes, qui est une atteinte de la moelle spinale se manifestant comme une ataxie locomotrice accompagnée de douleurs invalidantes. Au , la neurosyphilis se définit plus précocement, avant et en dehors de ces formes tardives. Bien que devenue rare avec l'avènement de la pénicilline, elle n'a pas disparu, à cause d'un regain de la syphilis dans le monde, depuis les années 1990-2000. L'origine syphilitique de maladies neuropsychiatriques n'a été pleinement acceptée qu'à partir de 1913, lorsque Hideyo Noguchi (1876-1928) montre la présence de Treponema pallidum dans le cortex cérébral des malades. Plus tard, notamment à la suite des travaux de Joseph Earle Moore (1892-1957) publiés dans les années 1920 et 1930, les manifestations neurologiques de la syphilis sont regroupées sous le terme neurosyphilis. Paralysie générale À la fin du , (1759-1820) en Italie, et (1764-1844) en Angleterre, décrivent des formes de « folie à délire ambitieux », associées à une paralysie diffuse. De même Jean-Étienne Esquirol (1772-1840) décrit de son côté une « démence paralytique ». Ces auteurs interprètent ces états comme une association fortuite de deux affections distinctes, sans faire de rapport avec la syphilis. En 1822, Antoine Laurent Bayle (1799-1858) décrit la « paralysie générale » comme une maladie unique, s'aggravant progressivement. Cette conception uniciste tend à s'imposer avec les travaux de Louis-Florentin Calmeil (1798-1895) et de Maximien Parchappe (1800-1866).