L’Okhrana, officiellement « Otdeleniye po okhraneniou obchtchestvennoï bezopasnosti i poryadka » (en Отделение по охранению общественной безопасности и порядка « Section de préservation de la sécurité et de l’ordre publics »), généralement abrégé en Okhrannoye otdeleniye (en Охранное отделение « Section de sécurité »), était la police politique secrète de l’Empire russe à la fin du et au début du . Le nom russe commun pour cet organisme est Okhranka. selon Victor Serge, l’Okhrana a été instaurée par une ordonnance prise le par l’empereur . Prenant la suite de la « Troisième section » du ministère de l’Intérieur abolie en 1880, l’Okhrana fut créée afin de faire face à la menace révolutionnaire et anarchiste croissante, marquée par la recrudescence d’attentats politiques, et notamment par celui du / organisé à Saint-Pétersbourg par l’organisation terroriste Narodnaïa Volia (« la Volonté du Peuple ») et ayant entrainé la mort de l’empereur . Les méthodes de noyautage et de « provocation » de l’Okhrana allaient créer une situation de confusion généralisée, avec la multiplication des agents doubles, autant au sein de la police politique que de ses adversaires. Staline lui-même aurait été selon certains un agent double au service de l’Okhrana, bien que cette hypothèse ne soit étayée par aucune source. Sous l’égide de Sergueï Zoubatov, une politique de « socialisme policier » créant des organisations « indépendantes » contrôlées par des agents provocateurs, la Zoubatovchtchina, fut ainsi mise en place. L’Okhrana a parfois suivi des intrigues compliquées. Par exemple, elle a toléré les activités de Lénine alors présent clandestinement en Russie et en Finlande en 1906-1907, se refusant à l’arrêter alors qu'elle savait parfaitement qui il était et où le trouver. Selon Jean-Jacques Marie, il y a deux raisons à cette attitude : d’une part, Guerassimov, le chef de l’Okhrana de Saint-Pétersbourg, avait des indicateurs dans les sphères dirigeantes bolchéviques.