L'échelle des tactiques de conflit (CTS ; en anglais Conflict tactics scale) est un instrument de mesure des comportements violents intrafamiliaux dont la version originale a été mise au point, en 1979, par Murray A. Straus professeur de sociologie à l'université du New Hampshire. La version originale, de 1979, a connu différentes adaptations, traductions et subi différentes transformations au cours des décennies pour élargir les indices mesurés (exemple : violence sexuelle) ou pour s'adapter à différentes clientèles (exemple : enfants) et besoins. Sa validité et la fidélité de l'instrument ont été bien établies. C'est l'instrument le plus utilisé en recherche sur la violence intrafamiliale La CTS10 est l'échelle de mesure de la violence physique employée par Statistique Canada lors de l’EVEF de 1993, et des ESG de 1999, 2004, 2011 et 2018 pour mesurer la prévalence de la violence conjugale. Cette échelle comporte 10 énoncés similaires à ceux de l’échelle de l’agression physique des CTS de Straus. Le libellé des énoncés a été remanié afin de les rendre compatibles avec la définition d’offenses criminelles contenues dans le Code criminel canadien. Une experte de l'ONU considère qu'une utilisation combinée de la CTS avec des questionnaires ouverts, est préférable à l'utilisation exclusive de questionnaires ouverts. Elle estime que les énoncés précis de la CTS permettent d'éviter des interprétations différentes de la définition de la violence, qui peuvent changer selon les personnes et les cultures, tout en soulignant que cet avis n'est pas partagé. Elle indique que les reproches faits à la CTS ont été pris en compte dans les versions qui ont suivi. La version originale du CTS a fait l'objet de nombreuses critiques. Un organisme d'évaluation et de recherche du Département de la Justice des États-Unis, l'Institut national de la Justice, le jugeait inadapté pour mesurer la violence conjugale, ayant constaté qu'il aboutissait à des taux de prévalence égaux chez les hommes et les femmes, en omettant de mesurer la violence de type coercitive et les agressions sexuelles, et en n'identifiant pas le responsable initial des violences.