Dans les camps de concentration nazis, lextermination par le travail (de l'allemand Vernichtung durch Arbeit) était une méthode pour tuer les détenus par les travaux forcés. Dans le cadre de la Shoah, les travaux forcés correspondaient à deux objectifs : à la fois fournir une main-d'œuvre aux nazis et exterminer des prisonniers, qui auraient succombé par d'autres procédés. Cette pratique relève d'une ironie cruelle au regard de l'expression « Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre »), qui figurait sur le portail d'entrée de nombreux camps de concentration. Ces travaux imposés étaient, à dessein, de nature à abattre les prisonniers. Les détenus travaillaient jusqu'à douze heures par jour, tout en recevant très peu de nourriture, de vêtements et de soins médicaux. En moyenne, un travailleur succombait en quatre mois. Certains historiens, notamment Alexandre Soljenitsyne, considèrent que le système des goulags soviétiques relevait de l'extermination par le travail. Des auteurs ont également proposé un parallèle avec les laogai sous Mao Zedong. L'expression « extermination par le travail » (Vernichtung durch Arbeit) n'était pas d'usage courant chez les SS nazis. Néanmoins, elle a été employée par Joseph Goebbels et Otto Georg Thierack fin 1942 lors de négociations auxquelles ils ont pris part avec Albert Bormann et Heinrich Himmler, à propos du transfert de prisonniers vers les camps de concentration. La formulation réapparaît après-guerre au cours des procès de Nuremberg. Dans les années 1980 et 1990, des historiens débattent de la portée de ce terme. Pour Falk Pingel, cette expression ne s'applique pas à la totalité des prisonniers des nazis ; Hermann Kaienburg et considèrent que l'« extermination par le travail » représente un objectif constant chez les SS. Plus récemment, soutient lui aussi que la volonté d'éradication chez les nazis ne s'appliquait pas à la totalité des détenus. Les nazis ont persécuté de nombreuses personnes en raison de leur ethnie, de leurs sympathies politiques, de leur handicap, de leur religion ou de leur orientation sexuelle.