IJ (minuscule : ij, aussi parfois IJ et ij) est un digramme ou monogramme utilisé en néerlandais et un digramme en utilisé en frison occidental. Le monogramme provient de la ligature du digramme. IJ est utilisée pour représenter la diphtongue néerlandaise . Quand elle n'est pas accentuée, IJ se prononce comme un schwa, une voyelle moyenne centrale . On l'appelle parfois « IJ long », par opposition au « ij court » noté ei et prononcé de la même façon dans la plupart des dialectes néerlandais. Il est aussi appelé « I long » car il était anciennement prononcé comme un i long ou l’est encore dans certains dialectes du néerlandais. Au début d'une phrase ou d'un nom propre, le J de IJ est écrit en capitale : IJssel, IJmuiden, IJsland. On note, dans certaines régions des Pays-Bas, une tendance à le prononcer [aɪ] ou [aːɪ]. Dans le nord de la France et en Flandre occidentale, certains locuteurs du flamand occidental privilégient le son , retrouvé en moyen néerlandais comme avant sa diphtongaison en . Cette tendance à la iotisation peut même se traduire par une graphie remplaçant le « -y » final par un « -ie » (« i » long). Le mot bakkerij (« boulangerie ») pourra donc tout aussi bien s'écrire bakkery que bakkerie. On retrouve parfois cette tendance aux Pays-Bas dans l'utilisation d'enseignes : De Bakkerie. De nos jours, IJ est souvent classée comme la lettre Y, entre X et Z. Par exemple dans les pages jaunes aux Pays-Bas, les noms avec IJ sont triés comme les noms avec Y. Pour certains, IJ est une lettre remplaçant la lettre Y dans l’alphabet : en néerlandais, Y n'apparaît que dans des emprunts ou dans des formes archaïques et est appelé ypsilon, Griekse IJ ou I-grec (emprunt au français). Inversement, Y remplace habituellement IJ en afrikaans. Un grand nombre de bibliothèques suivent, dans leurs catalogues, les recommandations de P. A. Tiel de 1912 adoptées officiellement aux Pays-Bas en 1937, classant le ij avec y.
Dominique de Werra, Benjamin Leroy-Beaulieu