La paideia (en grec ancien : ) est l'instruction et le corpus de connaissances fondamentales dont doit disposer un bon citoyen dans la Grèce antique. La paideia offre une multiplicité de sens, et la richesse de son contenu refuse de se laisser enfermer en une formule abstraite ou un vocable unique. Les Grecs considéraient la paideia comme une culture générale mêlant érudition et réflexion. Elle relevait alors de la classe aristocratique, qui assurait à sa descendance une instruction particulière. La paideia est ainsi devenue une sorte d'idéal de culture, connexe à l'apprentissage de la vertu. La jeunesse devait ainsi être façonnée par cet idéal. Cet idéal de la paideia faisait partie de l'idéal surplombant de la kalokagathie (kalos kagathos), selon laquelle l’homme idéal est à la fois beau et bon. La paideia implique l'idée de la perfection, de l'excellence. Dans l’Iliade, Homère fait dire au roi Pélée que la mentalité grecque se doit d'être toujours prééminente : il s'agit de l'excellence (arété en actes). D'après Werner Jaeger, « l'arété est l'idéal central de toute la culture grecque ». Toujours dans l’Iliade, Homère peint les couleurs de l'excellence dans la force physique et le courage des Grecs et des Troyens. Dans l’Odyssée, il met davantage l'accent sur l'excellence de l'esprit, qui est également requise pour vaincre. L’arété est nécessaire au héros, tout comme elle l'est dans la guerre pour celui qui cherche à vaincre. Elle consiste dans la capacité à « garder sa tête avec ses mains, contre les ennemis, les monstres et les dangers de toute sorte, puis revenir victorieux ». L'Athènes antique ayant un gouvernement démocratique, la paideia (combinée avec l’ethos, c'est-à-dire les coutumes) devait rendre un homme excellent, au sens où l'homme qui excelle est celui qui accomplit bien sa fonction. De la sorte, un homme dont la paideia était réussie pouvait être un bon citoyen ou même un roi.