vignette|Terres noires au fond d'une fosse archéologique.Ancienne abbaye de Marmoutier, Tours. Les terres noires, terme d'archéologie usité depuis les années 1980, désignent d’épaisses couches sombres (généralement d'une épaisseur variant de à ), d’apparence homogène, qui constituent l’essentiel de la documentation archéologique des villes du haut Moyen Âge. Elles s’intercalent entre les stratifications antiques (avant le ) et médiévales (après le ). Caractéristiques géoarchéologiques de nombreuses zones urbanisées dans l'Europe nord-occidentale de la fin de l'époque tardo-antique, les terres noires ont une origine complexe. Longtemps interprétées comme le témoignage d'une remise en culture des sols et de l'abandon des villes correspondant à image d'un Moyen Âge sombre toujours prépondérante dans l'imaginaire collectif, la recherche actuelle montre la grande diversité de leurs modes de formations liées à la sédimentation urbaine. Les terres noires se rencontrant dans de nombreux pays d'Europe. En Angleterre, les terres noires recouvrent les vestiges romains, surtout en zone urbaine, notamment à Londres. Les fouilles réalisées en Belgique, dans la région de Bruxelles-Capitale et dans la ville d'Anvers mettent fréquemment au jour des strates de terres noires. En Suède, une superficie de terres noires de a été découverte à Uppåkra (en Suède méridionale, anciennement Danemark), où une implantation humaine puis une ville existent pendant tout le premier millénaire avant que la ville ne soit déplacée à Lund. Sept hectares de terres noires ont été mis au jour dans la ville viking de Björkö (aujourd'hui appelée Birka), dans le centre de la Suède, près de Stockholm. Des terres noires ont également été rencontrées à Köpingsvik, dans l'île de Öland près de la côte est de la Suède méridionale. En France, elles ont été mises au jour à Bavay et à Corseul, à Noyon, à Tours sur plusieurs sites ainsi qu'à Paris sur deux sites, pour ne citer que ces exemples parmi d'autres.