vignette|L'utilisation d'une balance nécessite de connaître le poids exact du peson. L'expression « deux poids, deux mesures » signifie juger deux choses analogues avec partialité, selon des règles différentes. Elle implique donc un sens de la justice à géométrie variable, trop dicté par les circonstances, le hic et nunc, et qui résulte en une inégalité de traitement. L'expression antonyme méliorative est un poids, une mesure. Elle décrit le principe d'impartialité revenant à refuser l'arbitraire. Dans l'Ancien Régime en France, faire quelque chose avec poids et mesure était synonyme d'une extrême circonspection et d'un travail bien fait. Le deux poids, deux mesures est une allusion aux nombreuses unités de poids et de mesures disparates qui existaient selon les régions, ce qui favorisaient la fraude et les escroqueries. En France, avant l'uniformisation métrique établie par le décret du (le pendant la Révolution), la diversité croissante des anciennes unités de mesure françaises était devenue symbole d'injustice. Il était aisé de tromper son prochain en utilisant des pesons légèrement plus lourds ou plus légers que les pesons officiels, modifiant ainsi le nombre de pesons nécessaires et donc le prix d'une transaction. La locution dénote donc une démarche sciemment malveillante. Même si l'expression en toutes lettres n'y est pas présente, la notion est présentée sous forme d'injonction dans le Deutéronome, rédigé vers le : La Fontaine, dans sa fable Les animaux malades de la peste parue en 1678, aura une réplique célèbre qui s'en rapproche : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Cette phrase souligne le deux poids et deux mesures suivant les inégalités de revenu ou de statut social. Elle se double d'une critique de la papauté chez Voltaire en 1751 qui utilise l'expression en toutes lettres dans Le Siècle de Louis XIV : « Il y a toujours deux poids et deux mesures pour tous les droits des rois et des peuples ; et ces deux mesures étaient au Vatican depuis que les papes influèrent sur les affaires de l’Europe.