La révolte des Turbans rouges () (1351 — 1368) est un ensemble de rébellions de la fin de la dynastie Yuan, mongole, en Chine qui en précipitèrent la chute. On la fait traditionnellement débuter en 1351 par le soulèvement au Hebei et en Anhui de () et (), chefs d’une secte de la lignée du Lotus blanc. Elle doit son nom aux foulards rouges que leurs troupes portaient. Des chefs rebelles se réclamant du mouvement — en fait des seigneurs de guerre indépendants — se déclarèrent bientôt dans d’autres régions de Chine. Durant près de , les Turbans rouges bataillent aussi bien entre eux que contre les troupes mongoles et leurs alliés locaux. Les généraux Yuan eux-mêmes se détachent progressivement du pouvoir central à partir de 1354, combattant plus pour leur propre compte que pour celui de l’empereur. Zhu Yuanzhang, qui rejoint le mouvement en 1352, sortira vainqueur de la mêlée et fondera en 1368 la dynastie Ming, dans laquelle il prend le nom Ming Hongwu après la prise de Dadu (大都, aujourd'hui Pékin), puis Shangdu. Les principaux généraux impériaux luttant contre les rebelles furent Hesi (赫廝), Tuchi (禿赤), (也先帖木儿/也先帖木兒), Kuanchege (寬徹哥), (賈魯), (Бээр Төмөр/Beer Tömör ou Бээру Төмөр/Beeru Tömör, 孛罗帖木儿/孛羅帖木兒) ; ils reçurent l'aide de potentats locaux comme Dashibadulu (答失八都魯), le Ouïgour (Цагаантөмөр, 察罕帖木儿/察罕帖木兒) et les Hans (李思齐/李思齊) et Zhang Liangbi (張良弼). Cet épisode de l'histoire chinoise a été popularisé dans la culture moderne sinophone par un roman du célèbre auteur de littérature de kung-fu Jin Yong L'épée céleste et le sabre du dragon () Le mécontentement de la population Han vis-à-vis de la dynastie Yuan s’accentue fortement à partir de 1340 du fait d’inondations du fleuve Jaune facilités par des brèches dans les digues mal entretenues. Ces catastrophes naturelles viennent s’ajouter à l’augmentation des impôts de guerre dont les Han, défavorisés par la politique ethnique mongole, supportent la plus grande part, ainsi qu’aux manipulations monétaires du gouvernement entraînant une malencontreuse dévaluation.