En philosophie, la doxa est l'ensemble d'opinions (confuses ou pertinentes), de préjugés populaires ou singuliers, de présuppositions généralement admises et évaluées positivement ou négativement, sur lesquelles se fonde toute forme de communication ; sauf, par principe, celles qui tendent précisément à s'en éloigner, telles que les communications scientifiques et tout particulièrement le langage mathématique. L'étude des phénomènes doxiques se situe donc au point de contact de la sémiologie, des études du discours, de la sociologie et de l'épistémologie. Le terme de doxa, (du grec δόξα) désigne selon le dictionnaire Bailly l'« opinion », l'« avis » ou le « jugement » et dans un sens étendu la « réputation ». Le mot « doxa » tire son origine du grec dokéo (δοκέῶ) qui signifie « sembler », « paraître » ou « avoir l'apparence ». Selon Pierre Jacerme, « doxa » trouverait son origine dans le terme grec dokein, qui désigne le fait de « briller », de scintiller, de se refléter dans quelque chose. Selon Hermann Diels et Walther Kranz, le terme de doxa se traduit bien par « opinion » (Meinung en allemand) et s'opposerait à l'alètheia (ἀλήθεια), c'est-à-dire la vérité dans son dévoilement. On trouve ce mot de doxa principalement chez Parménide, Empédocle, Démocrite, Antiphane ou encore Pythagore. Dans la philosophie de Parménide, la doxa est l'opinion confuse que l'on se fait sur quelqu'un ou sur un aspect de la réalité. Ainsi, la doxa est un concept qui remonte aux origines mêmes de la philosophie. La compréhension du monde n'est évidemment pas un phénomène simple, non médiatisé. Le savoir est toujours une construction et, qui plus est, une préconstruction et une reconstruction. Tout ce que l'homme conçoit et rencontre est une reprise (ou du moins une variante) du savoir qu'il en possède déjà, d'une signification et d'une évaluation auxquelles il a préalablement consenti. Connaissance et communication supposent le passage à travers, et donc le partage d'un système de compréhension.