La philosophie chinoise rassemble divers courants de pensée essentiellement issus de trois traditions : le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. La philosophie chinoise plonge ses racines dans l'antiquité. On la fait remonter au Yi Jing, le fameux Livre des Mutations, qui est une grille de 64 états transitoires symbolisés par les hexagrammes et les nombreuses possibilités de transformations qu'ils proposent. La pensée de cette époque s'orientait vers l'observation de la nature et de ses cycles. Observant les craquelures provoquées par la flamme sur des écailles de tortue ou des omoplates, les anciens Chinois pensaient « lire » le cours du monde. Pour noter le résultat de ces études oraculaires, c'est-à-dire en général savoir s'il est faste d'entreprendre telle chasse ou telle guerre, les sinogrammes ont été inventés. Une catégorie d'hommes s'est spécialisée dans la manipulation de ces caractères et le métier de devin s'est rapproché de celui d'annaliste. Connaissant l'écriture et donc capables de lire les règlements, ces annalistes sont devenus des fonctionnaires et des lettrés, faisant souvent partie de la petite noblesse, intermédiaire entre le prince et le peuple. Ceux-ci débattaient des problèmes rencontrés dans leur vie de tous les jours et proposaient leurs conseils aux princes. Certains, comme Confucius et Lao Zi, ont eu une postérité et une influence qui n'ont rien à envier à celles d'Aristote, Platon ou de Socrate. Ainsi donc, quelques siècles avant notre ère, selon le même processus et à la même époque que la philosophie grecque et ses développements, quelques pères fondateurs ont initié des courants. Ces courants ont ensuite connu divers avatars, éclipses, résurgences, renouvellements, avant que des apports extérieurs, comme le bouddhisme, aient été intégrés. Les thématiques initiées par ces premiers maîtres sont restées au cœur de la pensée chinoise et lui ont en grande partie donné sa spécificité, bien que ces fondateurs aient vécu à une époque très éloignée et que leurs doctrines aient été interprétées, commentées, parfois déformées par des générations d'érudits dont les problèmes étaient fort différents.
Katrin Beyer, Francesco Vanin, Michele Godio, Andrea Penna